Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 08:40

LETTRE DE   DA ABDERAHMANE ZAKAD :

 

On connaît le chemin tortueux de l’édition où l’argent fait taire la vérité, discrédite l’esthétique et dissout l’intelligence. Si un éditeur m’a agressé, tous les éditeurs ne sont pas agressifs.

 

J’ai écrit "Le Terroriste" paru aux éditions Millefeuilles, livre soutenu et aidé par le ministère de la Culture.

 

Depuis un an, j’ai demandé, j’ai écrit, j’ai supplié, j’ai insisté pour que mon éditeur me remette les 15 exemplaires de mon livre auxquels chaque auteur a droit - Pas de réponse depuis un an. Le mépris total !

 

Je saisis le ministère de la Culture et l’éditeur en question une dernière fois, avec copie à l’ONDA. L’éditeur a paniqué et n’a pas apprécié ma démarche. il me convoque pour le 4 février 2010. Enfin !

 

Je vais le voir au siège de la maison d’édition, 26, rue Khelifa Boukhalfa qui se trouve être aussi sa librairie. Comme il était absent, une vendeuse l’appelle au téléphone et me dit : il vous attend au café "L’île Lettrée". Après qu’elle lui a téléphoné, la vendeuse me dit : il vous attend dans son café. Je ne savais même pas où c’était. Je trouve le café, rue Zabana. Café plein de monde, l’éditeur me fait entrer, me demande de m’asseoir. Je dis, non merci, n’ayant pas l’habitude d’entrer dans les cafés. Il me dit "on va discuter du contrat". Je réponds "je ne parle pas du contrat dans un café, on n’est pas à l’aise". Il s’énerve et il m’emmène dans un réduit qui n’est autre que la cuisine du café. Odeur d’eau grasse, vaisselle et pâtisserie alignées, un gamin lavait des verres. L’éditeur ferme la porte et me fait face. On se retrouve ventre contre ventre, vue l’étroitesse du lieu. Il me dit : " ici ça va". — "Non, ça ne va pas. Ce n’est pas dans une cuisine que je vais parler du contrat et de mon ouvrage".

 

Colère, les voix montent, les bras parlent, puis visage contre visage, sueur, cris, altercation, je ne sais plus ce qui s’était passé. Evanoui, je me retrouve à l’hôpital transporté par les pompiers. Je dois subir une intervention chirurgicale et le médecin légiste m’a établi un certificat de 21 jours avec IPP.

 

Voilà, c’est terminé.

 

Le reste est affaire du juge et j’ai confiance en la justice de mon pays.

 

On peut se demander pourquoi cela est arrivé ?

 

J’étais convoqué par l’éditeur. Je n’avais aucune crainte ni velléité : mon contrat a été signé, le contenu est clair, le ministère est accessible, l’ONDA disponible, la justice compétente.

 

De mon point de vue, le problème est le suivant : l’incessant mépris de l’éditeur envers l’auteur. Dans le domaine de l’édition, on relève un conflit dû à l’incompréhension des rôles, à l’inégalité des pouvoirs et à un manque de clarté des intérêts de chacun.

 

L’auteur parle d’œuvre, de beauté du texte, de couverture, de délai.

 

L’éditeur parle de quantité de livres, d’argent, de pourcentage, de distribution, de quota, de TVA.

 

L’auteur et l’éditeur ne sont pas toujours sur le même plan ; le premier est dans l’esthétique, le second dans l’équilibre financier.

 

Tout le problème est dans cette relation-là. Nous manquons de professionnalisme bienséant dans l’exécution des règles normales qu’exige le domaine du Livre.

 

Je ne saisirai pas la presse, mon pays va déjà mal, et je ne veux pas que le secteur de la Culture soit entaché.

 

En plus les éditeurs sérieux (Barzakh, Apic, Dalimen, et d’autres) risquent d’être assimilés à cet éditeur qui se livre à des voies de fait sur son auteur.

 

Nombreux sont les anomalies et les contentieux qui ont eu lieu et que les auteurs et les éditeurs n’ont pas fait connaître. Tout est souterrain dans l’édition (livre, musique, art,...).

 

Je souhaite que ce regrettable incident servira à assainir notre champ Culturel. Le minimum à envisager, c’est la création d’un syndicat représentatif fort ou d’un Ordre des éditeurs qui promulguerait des normes, une charte de bonne conduite et de respect des auteurs. Quant à l’Union des Ecrivains, elle ferait œuvre utile en se manifestant ne serait-ce que pour faire appliquer la pédagogie des bonnes manières.

 

En attendant, je n’écrirai plus, hélas ! Vous ne m’entendrez plus. Je ne serai plus avec vous.

 

"Quand elle n’a plus de poètes, la tribu disparaît"

 

Cordialement,

 

Abderrahmane Zakad (Alger le 8.02.2010)

 

 

Da abdrahmane s’est fait tabassé par  le directeur des éditions  au nom combien révélateur !   « mille feuille » je suis certain qu’on donnant ce nom à sa boite, il a plus pensé au gâteau qui porte le même nom qu’aux nobles feuilles d’un roman.

 

Par Amuhuch - Publié dans : Actualités
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